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Analyser les erreurs...

Written by | Thursday, 01 May 2014 00:00 | Published in 2014 May
Analyser les erreurs... les siennes pour commencer, forcément. A tout seigneur, tout honneur. Lorsque j’ai mis en place mon premier site Joomla!, j’ai dû commettre à peu près la totalité de ce qui était possible en matière de bêtises et d’approximations possibles. J’en traîne toujours certaines sur mon site... et si j’en ai raté quelques-unes, c’est uniquement par inexpérience et par méconnaissance totale. Partant du principe que les erreurs doivent servir (au moins) à préparer l’avenir, je vous propose une analyse post-mortem de mes gaffes. Si mon expérience passée ne vous sert pas éviter les mêmes bourdes, cela aura au moins le mérite de vous démontrer que vous n’êtes pas seuls à en commettre.
Analyser les erreurs... Illustration par Helvecio da Silva

Des erreurs comme s'il en pleuvait ...

  1. J’ai commencé par précipiter le choix de mon hébergeur, j’avais pourtant eu l’impression d’y passer beaucoup de temps, en fait, j’ai surtout butiné à droite et à gauche en cherchant des informations sur tous ceux que je trouvais, sans appliquer la moindre liste de critères adaptés à ma situation personnelle et surtout sans demander l’avis de gens compétents et expérimentés, me fiant à des avis d'inconnus déposés sur le net, et pourtant dieu sait que je savais que ces avis ont une valeur... très relative.
    • On ne réfléchit jamais assez avant de se lancer, faire un état de ses besoins est impératif, la meilleure des actions possibles est de présenter cette liste à des personnes expérimentées, pour leur demander conseil.
  2. Lorsque je me suis finalement décidé pour l’un d’entre eux, je n’ai pas tenu compte de l’avis des utilisateurs mécontents sur les forums, partant du principe que seuls les mécontents s’exprimaient et qu’un hébergeur qui se vante d’être le meilleur ne peut pas dire n’importe quoi quand il promet la lune, même pour 2,50 € par mois. Profonde erreur. J'en pleure encore d'avoir été si naïf !
    • Être tenace, c'est une qualité, être têtu c'est un défaut. Il faut savoir se retirer à temps.
  3. Dans ma découverte de l’hébergement et malgré tout ce que j’avais lu par ailleurs, je me suis enferré, par fainéantise pure, en installant la version Joomla! automatique du dit hébergeur, alors que j’avais préparé mon site en local et que j’avais simplement une archive Akeeba à restaurer. Naturellement la version Joomla! installée automatiquement n’était pas compatible avec celle avec laquelle j’avais créé mon site en local et basé mes plugins, composants etc., j’ai persisté et au lieu de reconnaître mon erreur et faire table rase de l’installation et tout recommencer proprement, j’ai voulu migrer la version 2.5 installée par défaut en 3.1 et rajouter quelques ennuis supplémentaires à une liste qui commençait pourtant déjà à bien s’étoffer.
    • Quand on fait des bêtises, il faut les assumer et avant de se jeter à les corriger (mal) on commence par s'asseoir sur ses mains et on réfléchit avant d'agir (trop souvent) mal à propos.
  4. Empêtré dans mes (in)certitudes mais tenace malgré tout (plutôt têtu ?), et là, par ignorance totale, au lieu de restaurer les données de mon site local, ce qui aurait encore pu sauver la situation, j’ai tout recréé à la main sur le serveur de production. Avec des copier / coller, pour un site nouveau-né, cela se fait globalement assez facilement, moins quand même qu’en restaurant une archive Akeeba. Sans parler des erreurs de configuration de certains plugins à force de recopier, que j'ai mis ensuite un temps certain à retrouver et corriger.
    • Apprendre à se servir des outils nécessite du temps, mais il en est qu'il est plus urgent que d'autre à maîtriser et là, il faut reconnaître que dans le domaine têtu, j'ai mis la barre assez haut !
  5. Avant de me lancer dans la création de mon premier site Joomla!, j’avais beaucoup lu. Dans le tas, forcément, manquant de recul, j’ai lu aussi beaucoup de bêtises. Au top du top, et j'ai vérifié, elle se propage toujours, celle qui vous fait croire qu’il faut bien 2 à 3 semaines minimum à Google pour trouver, parcourir, référencer et indexer votre site est une des plus belles et des plus tenaces. Comme j’avais commencé par ouvrir un compte Google Web Tools et fournit un robot.txt généré avec un plugin gratuit, la première indexation de mon site a dû être faite dans l’heure qui a suivi sa mise en ligne. Comme je n’avais pas mis d’attribut <noIndex, noFollow> devant la porte d’entrée, autant dire que je n’étais pas prêt du tout.
    • Ne soyez pas naïf, faites preuve d'un caractère critique sur tout ce qu'on peut vous dire, y compris et en particulier sur ce que je suis en train de vous raconter !
  6. Comme je n’avais pas préparé assez de rédactionnel (rappelez-vous, j’avais quinze jours devant moi avant que Google et autre Bing ne viennent me rendre visite), les quelques visiteurs (rares, il faut bien le reconnaître) à tomber sur mon site, dégoutés par la vacuité des lieux, sont repartis rapidement. Après et bien après, il faut ramer sévèrement pour les faire revenir. Heureusement, ce site n’avait (et n’a toujours) aucune ambition commerciale.
    • Ne soyez jamais trop pressé. A moins d'une dead line impérative et d'avoir le couteau sur la gorge, il vaut mieux prendre son temps. Une bêtise bien réfléchie laisse moins de regrets (mais peut-être plus de remords, allez donc savoir !)
  7. Comme je n’avais rien demandé à personne (l’avantage d’un site personnel comme premier site est une certaine... autonomie), après avoir mis en ligne, les quelques utilisateurs potentiels du site ont commencé à remonter des suggestions ( ?)... fortes, suffisamment en tout cas pour provoquer des bouleversements conséquents dans la structure de menus après environ une dizaine de jours. Je n’étais certainement pas préparé à la quantité d’erreurs 404 que ces modifications allaient provoquer dans les pages de suivi d’anomalies de Google Web Tools, Google, qui, maintenant je le sais, parcourait mon site régulièrement dès les premiers instants !
    • Lors de la mise en ligne de votre site, commencez par empêcher les robots d'entrer, vous aurez bien le temps ensuite de les voir passer.
  8. L’erreur fondamentale dans ce genre de situation est de croire qu’on peut préparer son site tout seul, sans demander d’avis à personne. Pour autant, je ne suis pas sûr que je ne refasse pas la même erreur la prochaine fois. Franchement, j’admire les gens qui soumettent leur site à l’avis du forum (forum.joomla.fr), les remarques sont certes assez souvent constructives, mais doivent vous démolir le moral pour un bon moment. Alors, c’est certain, il est impératif d’avoir un petit cercle de gens suffisamment compétents et fiables pour vous corriger (en douceur) avant l’ouverture officielle du site. Raté en ce qui me concernait dans le cas présent ! Même si je milite foncièrement pour lire (beaucoup) et s’informer (énormément), cela ne remplace jamais les avis subjectifs (forcément) mais réalistes de ceux qui n’ont pas l’œil de Chimène pour votre œuvre.
    • Mettez, s'il le faut, un pistolet sur la tempe de gens que vous connaissez, en qui vous avez confiance et qui en savent assez sur le même sujet, pour vous conseiller et vous corriger avant d'ouvrir réellement votre site au public.
  9. J’ai (et c’est une de mes plus grosses erreurs) sous-estimé l’importance du SEO (Search Engine Optimization) et des paramétrages SEF (Search Engine Friendly) dans Joomla! et là par ignorance complète du sujet. J’avais beau avoir développé plusieurs projets d’intranets en entreprise, SEO et SEF étaient jusqu’à ce moment le cadet de mes soucis. Alors, imaginez les dégâts quand, sans comprendre vraiment les impacts, j’ai commencé à changer plusieurs fois en quatre ou cinq jours les paramètres correspondants dans la page d’administration. Les erreurs 404, cumulées à celles dues à l’erreur (§7) ci-dessus ont bien dû me pourrir un week-end complet au moins et j'en trouve encore des traces en cherchant bien.
    • Il n'y a pas de mystères, ne jouez pas les apprentis sorciers. Soit vous savez, soit vous ne savez pas. Si vous ne savez pas, demandez. Si vous êtes très courageux et opiniâtre, essayez par vous-même, mais de grâce pas sur votre site de production.
  10. J’ai installé au petit bonheur la malchance (ne faites jamais cela !) des composants en production que je savais ne pas pouvoir tester correctement en local (Google Analytics, Suivi de connexions etc.). Des plugins de suivi de connexion, j’ai bien dû en tester une dizaine, rétrospectivement, j’en ai encore des sueurs froides. Bien sûr, je m’étais protégé par une sauvegarde, mais hormis le fait que cela pollue arborescence et base de données du site inutilement, c’est un risque totalement gratuit et inutile, il vaut mieux créer un site de test (voire un sous-site) sur le serveur de production ou chez un autre hébergeur (il y en a des gratuits qui permettent de faire à coût nul ce genre d’opérations). Coup de chance, je n’ai rencontré qu’une fois un problème m’obligeant à faire une marche arrière totale avec restauration de site à la clef.
    • Même une seule fois, ce n'est pas une expérience agréable, devoir restaurer son site provoque une montée d'adrénaline et fait sonner rétrospectivement mon pacemaker.

Et des raisons d'espérer ...

Bon, il ne faut pas exagérer non plus, mon site (toute petite niche internet) est très apprécié de la communauté qui l’utilise régulièrement (plus que je ne l'aurai espéré, en me lançant dans cette aventure). Il n’y a donc pas eu mort de site (à défaut de mort d’homme) et j’ai même fait preuve de quelques bonnes initiatives (cela aurait été malheureux après 40 années d’expérience de développement et de pilotages de projets dans une (très) grosse entreprise). Parmi ces bonnes initiatives, que je vous encourage à suivre cette fois scrupuleusement, on peut noter :

  1. J’ai mis très rapidement en place les protections nécessaires (en tout cas celles qui existaient) contre les malfaisants de tous poils qui sévissent sur la toile. S’il y a une seule chose à retenir de mon expérience c’est bien celle-ci : protégez vous !
    • Et je ne plaisante pas, commencez par ça, avant même de mettre en ligne et avant même d'ouvrir votre site au public. Il y a suffisamment de bonnes solutions, y compris françaises, voire même belges, pour dormir sur vos deux oreilles en sécurité.
  2. J’ai mis en place dès le premier jour une sauvegarde régulière de mon site (même en local) avec Akeeba. La version gratuite est parfaitement opérationnelle et efficace, elle oblige seulement à faire manuellement tout le travail, je passerai sans doute à la version payante, dès que j’aurai suffisamment de sites ouverts à gérer (de sites personnels : ma prochaine retraite d’activité ne veut pas dire que je vais me remettre au travail à mon compte). Installer et utiliser un système de sauvegarde, c’est comme la dissuasion nucléaire, on espère ne jamais avoir à l’utiliser, mais c’est rigoureusement indispensable (bien que pour la force de frappe nucléaire, je n’engage pas ma réponse). Les sauvegardes de l’hébergeur, même si elles existent, nécessitent une confiance que je ne partage pas, aujourd’hui en tout cas.
    • Faites-moi plaisir, téléchargez et utilisez Akeeba, c'est gratuit, efficace, sûr, en plus c'est gratuit et ça vous sauvera du temps, si ce n'est la vie. Vous me remercierez un jour !
  3. Je restaure régulièrement les sauvegardes en question sur mon site local, ne serait-ce que pour vérifier qu’elles fonctionnent correctement et que je peux les utiliser du jour au lendemain en cas de coup dur. En prime, cela fournit une base de mise en place de nouveaux rédactionnels sans avoir à supporter la (relative) lenteur du site de production.
    • Pour qu'une sauvegarde soit efficace, il y a deux conditions à remplir, ne jamais avoir à s'en servir et si on y est obligé, être sûr de pouvoir compter sur elle. Alors, essayez la de temps en temps, même sans l'adopter.
  4. Je me suis inscrit rapidement sur un forum actif et j’ai lu tout ce qui s’y disait (surtout au début, à défaut d’un effet lénifiant, cela a un effet rassurant). J’ai participé (beaucoup, voire même à tort et à travers) aux conversations du dit forum, même quand je n’étais pas sûr de mes connaissances, ça m'a obligé à minima à vérifier ce que je croyais savoir et accessoirement à endurer les remarques (gentilles) quand je me trompais. Mais surtout, oh oui surtout, cela apprend : la vie, les connaissances techniques manquantes et surtout que l’on n’est pas seul à chercher des réponses. On y apprend aussi que l'on est très rarement jugé sur ses absences de connaissance, je n'ai quasiment jamais vu quelqu'un se moquer d'une question posée, quelques fois du style de la question, mais jamais du contenu. On y apprend aussi qu'il y a (presque) toujours quelqu'un, quelque part, qui a une réponse et qui est ravi de la proposer gracieusement. Alors, merci, mille fois merci à ceux qui ont pris le temps de répondre à mes questions.
    • N'hésitez pas à participer, l'échange est source de connaissance et après presque un an passé à trainer sur le forum, j'y ai au moins appris que si l'on a toujours quelque chose à apprendre, on a aussi bien souvent quelque chose à partager.

 En guise de conclusion ...

Dieu soit loué, mon site est un site personnel, ou en tout cas celui d'une guilde de jeu en réseau et n'a donc heureusement rien à voir avec un commerce quelconque, je n'avais, en commettant toutes ces erreurs, rien d'autre à perdre que la face et comme chacun le sait, en France, le ridicule ne tue plus depuis bien longtemps, je m'en tire en quelque sorte plutôt bien.

En prime, si je puis dire et accessoirement, j’ai suivi une thérapie de groupe en partageant et reconnaissant publiquement (par la présente) la liste de mes erreurs. Ça fait un bien fou, je vous assure, à preuve je me sens déjà beaucoup mieux !

PieceOfCake

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GOUDE Jean-François

GOUDE Jean-François

60 ans passé (de peu, mais passé) 40 ans de carrière dans l'informatique, j'ai démarré dans le métier à l'époque où les cartes perforées étaient la norme, c'est vous dire que dans le domaine des dinosaures, j'en connais un rayon !

Cela fait maintenant 14 ans que je développe des applications de type intranet pour une grande entreprise française. Tombé tout petit (!) dans l'informatique, j'arrive au bout d'un cycle, j'ai connu Mambo à sa naissance et retrouvé Joomla à partir de sa version 3.1.5 en créant un site non  commercial pour un groupe d'amis liés par une même passion pour LE jeu en réseau qui nous relie. Bientôt très disponible (ma date de départ à la retraite est prévue si tout va bien pour fin 2014), j'ai essayé de m'impliquer (un peu) sur le forum français des utilisateurs Joomla!

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